Munich
Helles
aussi appelé Münchner Helles
Le pain frais et le miel du malt Pilsen, presque sans houblon : la lager bavaroise de tous les jours.
Mêmes contraintes de froid qu'une pilsner, avec encore moins d'amertume pour masquer quoi que ce soit. Le malt est seul en scène.

- Densité initiale
- 1,044 – 1,052
- Alcool
- 4.7 – 5.4 % vol.
- Amertume
- 16 – 22 IBU
- Couleur
- 6 – 10 EBC
- Fermentation
- basse, 9 à 12 °C
- Durée
- 3 semaines de fermentation, 6 semaines de garde
Ce qui rate le plus souvent sur ce style
Le DMS, ce goût de maïs en conserve ou de chou cuit. Le malt Pilsen contient un précurseur qui se transforme en DMS à la chaleur ; il ne s'évacue qu'avec une ébullition vigoureuse et à découvert pendant 90 minutes, et un refroidissement rapide. Couvrir la casserole pendant l'ébullition suffit à ruiner une helles.
Ébullition à découvert, 90 minutes
Le sulfure de diméthyle vient du S-méthylméthionine du malt Pilsen. Il se forme en continu pendant l'ébullition et ne part qu'en s'évaporant. Une casserole couverte le condense et le renvoie dans le moût.
La règle pour tout style à base de Pilsen : 90 minutes d'ébullition franche, sans couvercle, puis un refroidissement le plus rapide possible — car le DMS continue de se former tant que le moût est chaud.
Ce que ce style demande
Rien ici n'est écrit à la main pour cette page : chaque ligne est calculée depuis les caractéristiques ci-dessus — fermentation, température, densité initiale — et affiche la règle qui l'a déclenchée.
Un densimètre et son éprouvetteIndispensable
C'est le seul instrument qui dit si la fermentation est finie. Sans lui, on met en bouteille au jugé — et une bière embouteillée trop tôt continue de fermenter dans le verre jusqu'à le faire éclater. Ce n'est pas une image : une bouteille de bière sous pression projette des éclats.
Ouvrir la rechercheAucun modèle précis n'a été testé ici : le lien ouvre une recherche, pas une recommandation.
Un désinfectant sans rinçageIndispensable
Après refroidissement, tout ce qui touche le moût doit être désinfecté : cuillère, siphon, joint, main, bouteille. C'est la première cause de lot raté, très loin devant la recette.
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Un réfrigérateur d'occasion et un thermostat externeIndispensable
Fermentation basse : il faut tenir 9 à 12 °C pendant la fermentation, puis descendre à 2 °C pour la garde. Aucune pièce d'habitation ne fait ça, et aucune astuce ne remplace le matériel. C'est la seule famille de styles dont on peut le dire.
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De la levure W-34/70
Densité initiale autour de 1,044 : un sachet de 11,5 g suffit pour 20 litres. Les souches citées ici sont celles qui donnent le profil du style ; une levure neutre donnerait une bière correcte et hors sujet.
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Et ce qu'il ne faut pas faire
N'en faites pas votre premier lot
Difficulté 5/5 : mêmes contraintes de froid qu'une pilsner, avec encore moins d'amertume pour masquer quoi que ce soit. Le malt est seul en scène. Réussissez trois ou quatre lots simples avant.
N'essayez pas de le brasser sans froid
Une fermentation basse conduite à 20 °C ne donne pas une lager médiocre : elle donne une bière chargée en esters et en alcools supérieurs, que le style n'admet pas et qui s'entendent immédiatement sur une base aussi nue. Achetez le matériel de froid, ou brassez une ale.
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Le calcul
Combien de sucre pour la refermentation en bouteille
C'est le calcul qui décide si vos bouteilles tiennent. Trop de sucre et la pression dépasse ce que le verre supporte ; pas assez et la bière reste plate.
Style visé
110g de sucre de table
Soit 115 g de glucose (dextrose), ou 5,5 g de sucre par litre. Objectif : 2,3 volumes de CO₂, dont 0,86 déjà dissous à 20 °C.
Faites dissoudre le sucre dans un peu d'eau bouillie, versez-le au fond du récipient d'embouteillage et transférez la bière dessus par siphon : le sucre se répartit seul. Doser bouteille par bouteille donne des carbonatations inégales et des bouteilles surpressées.
Questions fréquentes
Ma bière a un goût de maïs, d'où vient-il ?
Du DMS. Ébullition trop courte, couverte, ou refroidissement lent. Les trois se corrigent sans rien acheter.
Helles ou pilsner pour une première lager ?
Helles : moins d'amertume, donc moins de risque de rêche si votre eau est dure. Les contraintes de température sont identiques.
Quel refroidisseur ?
Un serpentin en cuivre immergé suffit pour 20 litres et coûte une trentaine d'euros. Refroidir en dessous de 25 °C en moins de 30 minutes est l'objectif.
Ce que cette fiche ne sait pas
Une helles réussie ressemble beaucoup à une bière industrielle bien faite. C'est le but, et c'est aussi pourquoi peu d'amateurs en brassent : le résultat impressionne moins que le travail investi.
À comparer avec

Goslar et Leipzig
Gose
Acide, salée et coriandrée : une bière qui ressemble à une margarita et qu'on ne croit pas possible avant de la goûter.

États-Unis (Nouvelle-Angleterre)
NEIPA
Une IPA sans amertume mordante, trouble et épaisse, qui sent le fruit tropical au point qu'on croit à un ajout de jus.

Belgique
Witbier
Coriandre et écorce d'orange amère sur une base de blé cru : la seule bière classique dont les épices font officiellement partie de la recette.