Les styles
Le style se choisit sur ce qu'il exige, pas sur son goût
Une recette de pilsner et une recette de saison tiennent sur la même page. Ce qui les sépare est ailleurs : l'une demande de tenir 10 °C pendant deux mois, l'autre se fermente dans un placard en plein mois d'août.
Chaque fiche donne donc la contrainte avant la recette — et le défaut qui gâche le plus souvent ce style-là.
Où vous en êtes
Ce que vous avez
24 styles sur 24

États-Unis
Pale Ale américaine
Le style d'apprentissage par excellence : assez houblonné pour qu'on entende le houblon, assez malté pour qu'une erreur ne ruine pas la bière.

Wallonie
Saison
Poivre, agrume et une sécheresse presque champenoise : la bière de ferme belge, brassée l'hiver pour être bue aux moissons.

Plzeň, Bohême
Pilsner tchèque
Un seul malt, un seul houblon, aucune place pour se cacher : la bière la plus difficile à réussir du répertoire.

Berlin
Berliner Weisse
Trois pour cent d'alcool et une acidité franche de citron : la bière la plus désaltérante qui existe.

États-Unis
IPA américaine
Le style qui a fait la brasserie artisanale : l'amertume et l'aromatique du houblon poussées jusqu'à devenir le sujet de la bière.

Bavière
Weizen
Banane et clou de girofle sans un gramme d'épice ni de fruit : tout vient de la levure, et c'est ce qui rend le style fascinant.

Munich
Helles
Le pain frais et le miel du malt Pilsen, presque sans houblon : la lager bavaroise de tous les jours.

Goslar et Leipzig
Gose
Acide, salée et coriandrée : une bière qui ressemble à une margarita et qu'on ne croit pas possible avant de la goûter.

États-Unis (Nouvelle-Angleterre)
NEIPA
Une IPA sans amertume mordante, trouble et épaisse, qui sent le fruit tropical au point qu'on croit à un ajout de jus.

Belgique
Witbier
Coriandre et écorce d'orange amère sur une base de blé cru : la seule bière classique dont les épices font officiellement partie de la recette.

Bavière
Märzen
Le pain grillé et le miel du Munich, sur une lager assez alcoolisée pour tenir une fête foraine.

Vallée de la Senne, Belgique
Lambic et Gueuze
Une bière laissée à la flore de l'air, vieillie des années en fût, puis assemblée comme un vin : il n'existe rien d'autre de comparable.

Irlande
Stout
Une bière noire et sèche, où le café et le chocolat viennent de l'orge brûlé et pas d'un ajout.

Belgique
Triple belge
Neuf pour cent d'alcool dans une bière blonde et sèche qui n'en a pas l'air : c'est exactement ce qui la rend dangereuse.

Thuringe et Saxe
Schwarzbier
Une bière noire qui reste légère et sèche : le contraire exact d'un stout, avec la même couleur.

Angleterre
Porter
Le chocolat et le caramel là où le stout donne le café : plus doux, plus malté, moins sec.

Belgique
Dubbel
Fruits secs, raisin, caramel foncé : le sucre candi brun fait ici tout le travail que les malts torréfiés font ailleurs.

Einbeck, Basse-Saxe
Bock
Du pain grillé, du caramel et 7 % d'alcool dans une lager : la bière brassée pour tenir le carême.

Angleterre
Bitter anglaise
Trois pour cent et demi d'alcool, du biscuit, du caramel et une amertume terreuse : la bière conçue pour être bue par pintes.

Belgique
Blonde belge
Le profil épicé et fruité des levures belges à un degré d'alcool qui permet d'en boire deux.

Angleterre
Brown Ale
Noisette, pain grillé et caramel, sans le torréfié d'un porter : la bière brune de tous les jours.

Cologne
Kölsch
La discrétion allemande : une bière blonde, sèche, très propre, où le moindre défaut s'entend.

Angleterre (pour l'export russe)
Imperial Stout
Une bière noire à 10 % qui se boit comme un digestif : chocolat noir, café, fruits secs, réglisse.

États-Unis
Amber Ale
À mi-chemin entre la pale ale et la brown : du caramel, un peu de houblon, rien qui dépasse.
Les quatre familles
- Ales anglo-saxonnes
- Fermentation haute autour de 18–20 °C, donc brassables sans réfrigération. C'est par là qu'on commence, et ce n'est pas une consolation : la moitié des bières les plus intéressantes sont ici.9 styles sur le site
- Belges et blés
- Des levures qui travaillent chaud et parfument à elles seules. La saison tolère 28 °C, le blé allemand donne banane et clou de girofle sans un gramme d'épice.7 styles sur le site
- Lagers
- Fermentation basse entre 9 et 13 °C, puis plusieurs semaines de garde au froid. Sans régulation de température, ce n'est pas la peine d'essayer — et c'est la seule famille dont on peut le dire.5 styles sur le site
- Acides et sauvages
- Bactéries lactiques et levures sauvages. Deux niveaux : l'acidification rapide, accessible dès le troisième lot, et le vieillissement en fût, qui se compte en années.3 styles sur le site
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